vendredi 15 mars 2013

#13 - En berne

Je n'arrive à rien ce matin. Pourtant, les données objectives sont plutôt favorables : c'est vendredi, il fait froid mais beau, j'ai passé une très agréable soirée entre filles hier, avec théâtre et restaurant, mon Lutin revient demain... Non, rien n'y fait - le moral est en berne.

Je sens le stress me gagner au fur et à mesure que l'échéance de l'oral du concours se rapproche, alors que je ne me sens toujours pas prête. D'ailleurs, je n'ai pas le sentiment de faire ce qu'il faut pour être prête le 25. Je ne me suis pas mise à jour sur les questions d'actualité, et la présentation en dix minutes de mon parcours professionnel et de mes compétences est loin d'être au point. Comment justifier mon désir d'accéder à un grade d'attaché, quand je n'ai jamais occupé jusque là de fonctions permettant de prouver mes capacités à encadrer une équipe ? Comment exposer ma situation actuelle, aussi invraisemblable qu'indéfendable ? Comment expliquer sans paraître vaniteuse que, sans aucune autorité hiérarchique sur mes nouveaux collègues de l'après-midi, je constate néanmoins une tendance de leur part à venir me soumettre leurs dossiers ou m'exposer leurs problèmes, surtout quand le chef de service est absent ? Quelles compétences, indispensables à l'exercice des missions d'un attaché, posséderais-je que je puisse mettre en avant ? C'est peu dire que je peine.

Et puis, il y a le parasitage de Caliméro. Caliméro qui m'a laissé notre fils avec une demi-journée d'avance, le week-end dernier, pour pouvoir partir plus tôt en vacances, mais qui me demande maintenant si je l'autoriserais à passer le voir dimanche en fin de journée. Il est trop occupé pour le prendre pour l'après-midi, mais me joue le plan de la culpabilisation quand je lui réponds que non, je ne souhaite pas qu'il vienne chez nous, et que dans ces conditions, il serait peut-être préférable qu'il attende, comme prévu, le mardi soir. J'ai beau me dire qu'il va falloir que je m'habitue, et que j'apprenne à faire le canard, pour laisser toutes ses mesquineries glisser sur moi sans m'atteindre, je ne peux m'empêcher de constater que cela m'affecte encore. Pourquoi ?

mercredi 13 mars 2013

#12 - Utopie

J'ai longtemps cru que le père de mon fils changerait. Que tous ces efforts qu'il n'avait pas l'envie ou le courage de faire pour moi, ou même pour lui-même, il les ferait pour notre enfant, pour lui permettre de grandir en confiance et de s'épanouir. Je crois que, quatre ans après ma première confrontation brutale à ses manquements, je continue malgré tout à nourrir cette utopie, dans une certaine mesure. Je continue à espérer, sinon à croire.

J'ai reçu ce soir ses commentaires sur la proposition de convention que je lui avais transmise, il y a trois semaines maintenant. Après qu'il m'ait fait part de son désir que nous mettions en place une garde alternée à partir de la rentrée prochaine, c'était théoriquement lui qui devait se charger de la rédaction de la version initiale. Mais après plus de quinze jours de fausses excuses et de tergiversations de sa part, j'avais fini par le faire moi-même, cette fois encore. Et cette fois encore, je n'ai eu aucune surprise : après un manque de réactivité criant (trois semaines pour relire et commenter six pages ??), ses remarques sont d'une platitude et d'un égocentrisme à faire pleurer.

Regretter ne sert à rien. J'ai fait ce que j'avais à faire, pour mon fils, pour moi aussi. Je n'en peux plus de la tension que causent tous ces points non résolus, depuis tant de mois. Je voulais que le juge soit saisi de notre dossier avant la fin 2012, pour que, symboliquement, nous puissions laisser tous les mauvais souvenirs derrière nous et passer à autre chose avec la nouvelle année ; il m'a fait retarder, retarder encore, et retarder encore, sous un prétexte puis sous un autre.

Cette fois, j'ai agi : je voulais que le droit puisse être dit avant la vacance judiciaire de l'été, pour que nous n'ayons pas à nous réorganiser dans l'urgence à la rentrée, le cas échéant. Le dossier est donc parti, signé de ma seule main, en fin de semaine dernière, comme je l'avais prévenu que ce serait le cas si nous n'étions pas parvenus à un texte commun d'ici-là. Caliméro tempêtera, m'insultera ; peut-être me menacera-t-il une fois de plus, et lèvera-t-il encore la main sur moi ? Peu me chaut. Parce que je sais que j'ai fait ce qu'il fallait.

Et puis je relis une fois encore ses commentaires, et je me dis que, sans conteste, j'ai bien fait. Attendre dans l'espoir d'une requête conjointe n'aurait servi à rien : nous n'aurions pas trouvé d'accord.

Madame, Monsieur le Juge, la balle est dans votre camp !

mercredi 25 janvier 2012

#11

Je ne suis pas à ce que je fais. Mon travail, que pourtant j'aime, m'ennuie. Mais je rentre chez moi le soir avec le cœur lourd, hantée par la perspective d'une soirée de bataille et de bruit : donner son bain au petit, le faire dîner, le préparer pour la nuit, subir la télévision...

En fait, je suis lasse. Je n'ai envie de rien, sinon de calme et de tranquillité. Et je ne sais s'il s'agit de fatigue, ou de dépression.

lundi 23 janvier 2012

#10

Demain, je reprendrai le chemin du bureau après une semaine d'absence. Une semaine, cinq jours de congé exceptionnel pour décès. Une semaine consacrée pour l'essentiel à entourer ceux qui venaient de perdre leur mère, à essayer de les soulager des charges du quotidien, pour leur permettre de se concentrer sur leur deuil et sur les démarches qu'il impliquait. Une semaine à me sentir étrangement à côté de moi-même, déconnectée de cette douleur que, soyons honnête, je ne partageais pas, et que je ne partagerai jamais.

Et puis, dans les interstices de ces courses utilitaires, des moments de répit, des instants de grâce. Deux heures cachées dans un petit salon de thé du 13e, où je savais pouvoir trouver le livre tant désiré. Deux heures à siroter un thé sans lui prêter l'attention qu'il méritait, obnubilée que j'étais par les fils et les livres exposés. Deux heures à l'issue desquelles j'ai fini par oser adresser la parole à la maîtresse de céans, et à son délicieux petit garçon. Deux heures au terme desquelles je savais que je serais de retour, un prochain mercredi soir, pour le TricoThé hebdomadaire qu'accueille Aimee dans son échoppe !

J'ai également fait du ménage dans mon panier à ouvrages.
Le domestiquage progressif des cartons restants m'a permis de retrouver mon dévidoir à écheveaux et mon bobinoir. Mes perspectives d'avoir un nouveau cardigan pour le printemps viennent donc de s'améliorer brutalement !
En revanche, fin des espoirs pour Arc-en-Ciel, le cardigan bébé inspiré du pull du même nom de Zuza. Outre le fait que ma nièce a dû grandir depuis la date à laquelle je l'avais mis sur mes aiguilles, et qu'elle ne rentrerait vraisemblablement plus dedans aujourd'hui, il s'est écoulé tant de temps sans que j'y touche que je ne savais plus où j'en étais. Voilà qui m'apprendra à ne pas tenir de "knitting journal" !! Bref, Arc-en-Ciel a été détricoté, et ses deux fils... embouteillés !


Mais pour un projet biffé sur ma liste, combien de nouveaux sont-ils venus s'ajouter ces derniers jours ? Aujourd'hui, si je dresse l'inventaire de mon panier, je décompte :
  • une écharpe, pour moi ;
  • une seconde écharpe, pour ma belle-soeur ;
  • le fil pour une troisième écharpe, pour mon beau-frère (leurs cadeaux de fin d'année, un peu en retard...) ;
  • une nouvelle chapka pour mon fils, celle que je lui avais tricoté fin décembre s'étant révélée plus adaptée à une tête d'adulte qu'à celle d'un petit bonhomme de trois ans ;
  • un pull, pour moi encore (du jersey au kilomètre sur des aiguilles 3.5 mm... Qui a parlé de masochisme ??) ;
  • et si je m'écoutais, je lancerais bien une paire de chaussettes. J'ai terriblement envie de m'essayer à nouveau aux chaussettes...
Mais à part ça, tout va bien, au pays du tricot fou !!

mardi 17 janvier 2012

#9

I'm in love.

Je me fais l'impression d'une gamine dans un magasin de bonbons à chaque fois que je regarde les délicats et lumineux anneaux marqueurs d'Elise qui ont rejoint mes trésors il y a quelques jours. A moins que ce ne soit Gollum et son Précieux... ;-) Bref, je me régale. Et en ce moment, ça fait du bien...


mercredi 11 janvier 2012

#8

Une journée comme il ne devrait pas en exister, faite de contrariétés, d'à-peu-près, d'urgences et de coups de blues, de ras-le-bol et de cris, aussi, parfois.

Et puis, quelques rayons de soleil...

  • La bouille éberluée de mon fils, soudainement figé au beau milieu d'un passage piéton au retour de notre visite quotidienne à la boulangerie, à la sortie de la garderie du soir : son jean, à la taille un peu trop lâche, avait glissé et venait littéralement de lui tomber sur les pieds ! Heureusement, son honneur fut sauf : son manteau couvrait slip exhibé et cuisses nues. Le conducteur de la voiture immobilisée au feu rouge a partagé notre hilarité devant cet incident encore inédit au sein de notre famille. C'est officiel : mon petit garçon n'a plus de petit bidon de bébé pour retenir ses pantalons un peu trop grands !
  • L'odeur de la galette qui cuit dans le four, et embaume toute la maison. Qui aura la fève, cette fois ? toujours le même petit lutin chanceux ??
  • L'ouverture des cartons dans lesquels j'ai rangé mes fils, il y a six mois de cela - si longtemps en fait qu'en les vidant, j'ai redécouvert certains de mes trésors, des laines précieuses et douces, aux couleurs chatoyantes, certaines complètement oubliées, d'autres sous-estimées dans ma mémoire. De quoi nourrir des fantasmes de tricoteuse pendant quelque temps... (Si seulement cela pouvait suffire pour me garder loin de ma carte bancaire !!)
  • La décision brutale que c'était maintenant qu'il fallait réorganiser toutes ces pelotes, pour préparer leur emménagement imminent dans leur nouvelle maison (toujours dans un carton à l'heure à laquelle je vous écris...) Ah, j'ai tant que cela de fils d'été ?? Mmmh...
  • La sensation des draps sur ma peau, du matelas qui accueille, enfin, mon corps fatigué. J'ai souri en respirant les notes de mon parfum sur mon oreiller, grimacé en sentant mon dos regimber contre une posture peu amène pour sa colonne vertébrale... et puis je me suis laissée glisser dans le sommeil, sans avoir, pour un soir, touché mes aiguilles...

vendredi 6 janvier 2012

#7

Une nouvelle année commence, que j'espérais placée sous le signe de la sérénité. Les choses ne paraissent pas parties pour suivre les plans, si j'en juge à l'aune de cette première semaine, et l'attente semble pour l'instant un meilleur credo que la sérénité : attente d'une séparation, attente d'un bail à son propre nom, attente de la fin d'une vie qui n'en finit pas de s'éteindre, dans la peine et la douleur...

Pour m'accompagner dans cette attente, sur mes aiguilles, deux projets "brainless" :

  • toujours la chapka-écharpe "Trappeur" de Sandrine pour mon fils, dont le rendu un peu grand me démotive un peu (voilà ce qui arrive, à utiliser des aiguilles 5.5 mm au lieu des 5 mm prévues, faute de posséder ces dernières !) - dommage, car la Ksar de Bouton d'Or est vraiment un régal à tricoter !!
  • et surtout, un pull, pour une fois pour moi. Un pull tout simple, en Baby Alpaca Silk de Drops, basé sur le "Beaded Sweater" de Sarah Dallas, sans les perles et en version manches longues.

J'avance lentement (je ne suis pas une tricoteuse très rapide), mais avec plaisir.

Et je viens de découvrir qu'un tricot-thé se tenait à proximité de chez moi, une fois par mois. Oh ! comme je sens poindre une bulle mensuelle de liberté et d'égoïsme !!! ;-)